Réflexion dans un canard belge sur le sujet;
Et, même si c’est le secteur le plus difficile à décarboner, il existe des propositions concrètes pour le faire, à court, moyen et long terme."
Parmi ces solutions, le secteur mise beaucoup sur les kérosènes synthétiques ou électrofuel (e-carburant). "Le gros avantage de ces électrofuels est leur masse identique à celle du kérosène actuel, développe M. Vanalderweireldt, le président de la Beca. Les avions sont tributaires du poids pour pouvoir voler. Pour avoir la même énergie que le pétrole actuel, une batterie électrique pèse vingt fois plus, avec de l’hydrogène, c’est quatre fois plus de poids." Quant au biofuel, il a un "avenir limité" , selon Didier Moraine. " Sa production demande énormément d’eau et l’utilisation de surfaces cultivables, ce qui pose un problème éthique. Faire du biofuel avec de l’huile de palme n’est pas une bonne idée."
"Il faudra produire massivement en dehors de l’Europe"
Place donc aux e-carburants. " L’autre gros avantage est qu’on peut y aller progressivement, poursuit Didier Moraine. L’électrofuel peut être mélangé au kérosène actuel." Des vols tests ont ainsi déjà été réalisés avec 50 % d’e-carburant dans les réservoirs de l’avion. "On maîtrise déjà la technique. Le gros défi est désormais de produire en très grande quantité de l’électricité quasi-zéro carbone, car autrement cela n’a aucun sens."
Il faudrait donc construire d’énormes champs d’éoliennes ou de panneaux photovoltaïques pour produire ces e-carburants. "Pour un mélange de 50 % d’électrofuel dans les avions en 2050, il faudrait le quart de la production totale électrique actuelle de l’Union européenne. Et qui doit être décarbonée. Cela représente la superficie de la Tchéquie recouverte entièrement de panneaux photovoltaïques et d’éoliennes. Clairement, on n’a pas la place en Europe. Il faudra produire en dehors de l’Union dans des endroits bien plus propices et inhabités, comme l’Afrique du Nord ou le sud du Groenland où l’université de Liège a un projet allant dans ce sens."
Autre défi, ces infrastructures représentent des centaines de milliards d’euros d’investissements. " Mais c’est maintenant ou jamais. Il n’y a jamais eu autant d’argent. Les banques centrales ont créé des milliers de milliards ex nihilo. De toute façon, on n’a pas le choix : la production de pétrole conventionnel ne va faire que décroître dans les prochaines années. Le nombre d’avions dans le ciel dépendra donc de cette capacité à produire une électricité renouvelable en très grande quantité et à bas prix."
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