Koh Samui : Des permis de construire falsifiés menacent des centaines de villas
Posté : dim. 22 mars 2026 07:56

La municipalité de Koh Samui lance l’alerte après la découverte de documents falsifiés et appelle à la vérification urgente de tous les permis de construire
Le 21 mars 2026, l’amphoe de Koh Samui, dans la province de Surat Thani, a été secoué par une annonce officielle relayée sur les réseaux sociaux par M. Pallop Miapiao, juriste au sein de la municipalité de Koh Samui: Ce dernier a exhorté les propriétaires de villas, d’immeubles et les opérateurs touristiques à contrôler sans délai la validité de leurs autorisations de construction (formulaire A.1), suite à la découverte d’une véritable filière de falsification de documents officiels au sein du département des travaux publics (gong chang).
Ce scandale de permis fantômes, alimente une profonde inquiétude chez les résidents et investisseurs de l’île, en particulier concernant la solidité et la sécurité des nombreuses villas de luxe – souvent propriété d’étrangers – implantées sur des terrains pentus ou dans les hauteurs.
Les bâtiments concernés n’ont pas subi les vérifications obligatoires de structure et de stabilité, ce qui fait craindre des effondrements potentiels avec pertes humaines et matérielles, notamment pour les touristes.
Contacté, le maire de Koh Samui, M. Ramnet Chaikwang, a confirmé l’authenticité des faits et déclaré que la situation était « inacceptable ». Il a annoncé la mise en place immédiate d’une commission d’enquête disciplinaire sévère contre la fonctionnaire impliquée.
« J’affirme que toute personne impliquée, quel que soit son rang, sera poursuivie pénalement jusqu’au bout si les preuves le confirment. Les fonctionnaires dont les signatures ont été falsifiées se rendent d’ores et déjà au commissariat de Koh Samui pour déposer plainte et prouver leur innocence. », à déclaré le maire de Koh Samui.
Le 20 janvier 2026, un fonctionnaire municipal avait déjà porté plainte auprès de la police de Koh Samui pour falsification de sa signature sur des documents officiels, sans qu’aucune délégation de pouvoir n’ait été accordée.
Selon des sources concordantes issues du département des travaux publics et confirmées par la nouvelle enquête, une fonctionnaire a exploité des failles administratives pour contrefaire les signatures de cinq supérieurs (responsables techniques, ingénieurs et vérificateurs de plans), afin de faire apparaître les dossiers comme entièrement validés. Les documents étaient ensuite soumis au secrétaire général de la municipalité et au maire pour approbation finale, court-circuitant ainsi les contrôles réels.
En échange de ce « raccourci », elle aurait perçu des pots-de-vin s’élevant à plusieurs centaines de milliers de bahts par dossier (plus de 100 000 bahts selon les premières estimations, mais potentiellement bien supérieurs). Au moins une dizaine de permis suspects ont déjà été identifiés lors de contrôles aléatoires.
Des soupçons de complicité à des échelons plus élevés, y compris au sein de l’administration municipale, continuent de circuler, bien que le maire ait promis une transparence totale et des sanctions exemplaires.
Entre 2024 et 2025, une cellule d’enquête associant le GOR 4 (4e Région militaire), le Bureau du Contrôleur général, la CSC (Bureau du Médiateur -Ombudsman- de Thaïlande), la Commission anticorruption et d’autres entités avait inspecté, dans le cadre du « Samui Model » (aujourd’hui dissous), plus d’une centaine de constructions irrégulières. Parmi elles figuraient des autorisations accordées illégalement en zones interdites ou en violation des normes environnementales. Plusieurs procédures judiciaires sont toujours en cours.
Ce nouveau scandale vient ternir l’image de l’île en matière de respect des règles urbanistiques et environnementales.
Sources : Daily News, Matichon via https://zonesamui.com/2026/03/scandale- ... confiance/
