Le réajustement chinois en Asie. Xi Jinping à la manœuvre
Posté : lun. 30 janv. 2012 21:11
(29 janvier 2012) • François Danjou
Source: http://www.questionchine.net/le-reajust ... rtpage=4-6
La Thaïlande pro-américaine, sensible aux sirènes chinoises.
Xi Jinping a poursuivi son voyage vers la Thaïlande qui se remet de graves inondations et avec qui Pékin nourrit quelques différends, cependant bien moins heurtés qu’avec Hanoi ou Manille. Le premier, qui est aussi le fond de tableau des agacements contre Pékin dans toute la région, concerne la controverse à propos des effets des barrages chinois sur le Mékong, où Bangkok fait cause commune avec Phnom-Penh et Hanoi.
A quoi s’ajoutent les récentes suspicions de l’implication des forces spéciales thaïlandaise dans l’assassinat de 13 marins chinois, révélant des connexions malsaines entre les hommes d’affaires chinois et les forces de sécurité thaï, dont tout indique qu’ils sont, les uns et les autres, impliqués dans les trafics de drogue. (Lire notre article "Drames de la piraterie sur le Mékong")
Pour Pékin, la Thaïlande apparaît à la fois comme un pays ambivalent et une cible majeure de son action diplomatique, où le poids des échanges commerciaux sino-thaï s’alourdit en même temps que l’influence culturelle chinoise.
Celle-ci avait été favorisée par l’ancien Premier Ministre en exil Thaksin Shinawatra (2001 – 2006), sino-thaï très populaire dans les classes pauvres et les zones rurales, dont la jeune sœur est Premier ministre. Profitant de la corruption ambiante, il avait en effet orienté le pays vers un système clientéliste assez proche de celui qui prévaut en Chine, séparant mal les pouvoirs exécutif, législatif, judiciaire et économique.
Mais, en dépit de ces tendances, le Royaume reste encore une chasse gardée stratégique américaine et un des principaux points d’appui démocratique de la région que Washington s’efforce de protéger.
Les Etats-Unis, alliés militaires de la Thaïlande y organisent chaque année l’exercice « Cobra Gold », l’une des plus vastes manœuvres multilatérales de la planète, impliquant la Corée du Sud, le Japon, Singapour et l’Indonésie. Enfin, soucieux de marquer les influences chinoises partout où elles pourraient devenir univoques, ils viennent aussi d’augmenter leurs appuis financiers aux pays du Bas Mékong, ajoutant leur voix aux critiques qui ciblent les barrages chinois de la région. (Lire notre article "Controverses autour des barrages chinois sur le Mékong")
Bangkok fut cependant le premier pays de l’ASEAN à signer avec la Chine un « plan d’action stratégique pour le XXIe siècle », visant à développer à la fois les coopérations de sécurité et les liens économiques. Dans ce contexte, les deux pays ont promis de porter les échanges bilatéraux à 100 Mds de $ dès 2015 (soit près de 2 fois l’objectif envisagé pour les relations avec le Vietnam). Ils sont également décidé une coopération financière qui s’est traduite par la signature d’un accord pour l’utilisation de la monnaie chinoise dans les transactions bilatérales.
L’autre initiative qui accompagnera le développement des échanges est un accord pour construire en commun une ligne à grande vitesse Bangkok - Chiangmai (600 km) qui pourrait s’intégrer dans les grands projets chinois de liaisons ferroviaires régionales, par le Myanmar ou le Laos vers la province chinoise du Yunnan.
Source: http://www.questionchine.net/le-reajust ... rtpage=4-6
La Thaïlande pro-américaine, sensible aux sirènes chinoises.
Xi Jinping a poursuivi son voyage vers la Thaïlande qui se remet de graves inondations et avec qui Pékin nourrit quelques différends, cependant bien moins heurtés qu’avec Hanoi ou Manille. Le premier, qui est aussi le fond de tableau des agacements contre Pékin dans toute la région, concerne la controverse à propos des effets des barrages chinois sur le Mékong, où Bangkok fait cause commune avec Phnom-Penh et Hanoi.
A quoi s’ajoutent les récentes suspicions de l’implication des forces spéciales thaïlandaise dans l’assassinat de 13 marins chinois, révélant des connexions malsaines entre les hommes d’affaires chinois et les forces de sécurité thaï, dont tout indique qu’ils sont, les uns et les autres, impliqués dans les trafics de drogue. (Lire notre article "Drames de la piraterie sur le Mékong")
Pour Pékin, la Thaïlande apparaît à la fois comme un pays ambivalent et une cible majeure de son action diplomatique, où le poids des échanges commerciaux sino-thaï s’alourdit en même temps que l’influence culturelle chinoise.
Celle-ci avait été favorisée par l’ancien Premier Ministre en exil Thaksin Shinawatra (2001 – 2006), sino-thaï très populaire dans les classes pauvres et les zones rurales, dont la jeune sœur est Premier ministre. Profitant de la corruption ambiante, il avait en effet orienté le pays vers un système clientéliste assez proche de celui qui prévaut en Chine, séparant mal les pouvoirs exécutif, législatif, judiciaire et économique.
Mais, en dépit de ces tendances, le Royaume reste encore une chasse gardée stratégique américaine et un des principaux points d’appui démocratique de la région que Washington s’efforce de protéger.
Les Etats-Unis, alliés militaires de la Thaïlande y organisent chaque année l’exercice « Cobra Gold », l’une des plus vastes manœuvres multilatérales de la planète, impliquant la Corée du Sud, le Japon, Singapour et l’Indonésie. Enfin, soucieux de marquer les influences chinoises partout où elles pourraient devenir univoques, ils viennent aussi d’augmenter leurs appuis financiers aux pays du Bas Mékong, ajoutant leur voix aux critiques qui ciblent les barrages chinois de la région. (Lire notre article "Controverses autour des barrages chinois sur le Mékong")
Bangkok fut cependant le premier pays de l’ASEAN à signer avec la Chine un « plan d’action stratégique pour le XXIe siècle », visant à développer à la fois les coopérations de sécurité et les liens économiques. Dans ce contexte, les deux pays ont promis de porter les échanges bilatéraux à 100 Mds de $ dès 2015 (soit près de 2 fois l’objectif envisagé pour les relations avec le Vietnam). Ils sont également décidé une coopération financière qui s’est traduite par la signature d’un accord pour l’utilisation de la monnaie chinoise dans les transactions bilatérales.
L’autre initiative qui accompagnera le développement des échanges est un accord pour construire en commun une ligne à grande vitesse Bangkok - Chiangmai (600 km) qui pourrait s’intégrer dans les grands projets chinois de liaisons ferroviaires régionales, par le Myanmar ou le Laos vers la province chinoise du Yunnan.