Aujourd'hui, Le 13 avril.... 1946 !
Posté : ven. 13 avr. 2012 08:39
Le 13 avril 1946, après une longue bataille opposant les tenanciers de bordel aux abolitionnistes, le Parlement vote la fermeture des maisons closes. Les braguettes sont en deuil. Notamment celles des politiciens de l'époque. Nombre de députés et de sénateurs, éloignés de leur circonscription et de leur famille, ont l'habitude de faire des petits séjours réparateurs au Sphynx, au One Two Two ou encore au Chabanais, célèbres lupanars parisiens. Cependant, il leur est difficile de s'opposer à la campagne abolitionniste menée par Marthe Richard, celle que la France prend encore pour une héroïne de la Première Guerre, pour une grande aviatrice et, surtout, pour une résistante magnifique.
En réalité, on découvrira plus tard qu'elle est surtout une affabulatrice ayant débuté dans la vie comme viande à soldats, tapinant autour de la caserne de Nancy à un âge où les petites filles jouent encore à la poupée. En 1905, à 16 ans, elle est déjà fichée par la préfecture comme prostituée. Sa vie est un long fleuve de mensonges qui lui permet de se bâtir une aura prestigieuse. Aussi, quand les partisans de la fermeture des maisons de tolérance entament leur campagne après la guerre, pensent-ils immédiatement à la prendre comme porte-drapeau. Marthe accepte la mission. Elle rêve d'être la Jeanne d'Arc qui boutera la prostitution hors de France ! En fait, elle ne fera que la répandre sur tous les trottoirs !
"Veuve qui clôt"
Première étape : bouter les maisons closes hors de Paris. À l'époque, Marthe est membre du conseil municipal de la Ville de Paris. Le 13 décembre 1945, elle prend la parole devant l'Assemblée : "Il est temps de lutter contre l'exploitation commerciale de la prostitution. Les femmes ne sont pas des esclaves... Supprimons les maisons de tolérance ainsi que la police des moeurs, luttons contre le marché des femmes..." Il faut savoir qu'au lendemain de la guerre la capitale compte 190 maisons de tolérance ou de rendez-vous autorisés qui fournissent du boulot à plus de 1 500 femmes. Au terme d'un débat houleux, le préfet de la Seine finit par promettre la fermeture desdites maisons closes d'ici à trois mois dans le département de la Seine.
Ce premier succès encourage Marthe à poursuivre une virulente campagne dans la presse pour que la mesure soit étendue à l'ensemble du territoire. Nouvelle victoire pour l'ancienne "pain de fesse", puisque, le 13 avril 1946, c'est au tour de l'Assemblée nationale d'adopter la loi n° 46.685 "tendant à la fermeture des maisons de tolérance et au renforcement de la lutte contre le proxénétisme", plus connue sous le nom de loi Marthe Richard. Bien qu'elle ne soit pas députée, elle pavoise. Dans cette loi, il y a un article qui l'intéresse plus que tous les autres, c'est l'article 5 qui ordonne la destruction du fichier national de la prostitution où son nom figure encore ! Depuis le temps qu'elle voulait l'y voir rayé ! Cette victoire devant l'Assemblée nationale lui vaut le doux surnom de la "Veuve qui clôt". Les amateurs de contrepèteries et de champagne comprendront.
"Né polygame"
Curieusement, la presse de l'époque se fait peu l'écho de cette décision, ce qui n'empêche pas les nombreux habitués des maisons closes d'être désespérés. Les tenanciers de lupanars ont six mois pour mettre la clef sous la porte, à moins de convaincre les députés de faire machine arrière, ce qu'ils espèrent toujours. Ils créent une Amicale des maîtres d'hôtel, chargée de concevoir un argumentaire listant les bonnes raisons pour lesquelles l'homme a besoin de fréquenter un établissement de prostituées. En voici, un extrait :
1 - La nature même de l'homme, né polygame ;
2 - Les besoins sexuels de l'adolescent pendant la période partant de la puberté jusqu'au mariage ;
3 - Les veufs ayant des enfants et ne désirant pas se remarier ;
4 - Les célibataires, déshérités physiques, mutilés de guerre, sourds-muets, aveugles, culs-de-jatte, etc.
5 - Les hommes mariés dont la femme, pour raison de santé ou par suite d'opération, ne peut avoir de rapports et qui, par conséquent, ne peuvent prendre de maîtresse sans courir le risque de désunir leur foyer ; résultat : mauvais ménage, divorce, drames conjugaux... ;
6 - Les sadiques qui trouvent dans les maisons d'illusion les sensations recherchées.
Mais rien n'y fait. La loi est appliquée. Les maisons de tolérance ferment toutes, jetant des milliers de prostituées sur le trottoir où elles poursuivent leur sacerdoce, mais en absence de tout contrôle sanitaire. Le beau progrès. Même Marthe Richard est obligée de convenir que l'abolition des maisons closes est une belle connerie. En 1951, elle propose leur réouverture, sous certaines conditions : "C'est au grand jour que doit s'organiser la prostitution nouvelle. Les maisons sont nécessaires, soit, mais ce seront des établissements ouverts, dont les pensionnaires, devenues des travailleuses sociales, prendront rang de fonctionnaire et retrouveront, avec la conscience de leur dignité, leur place dans l'État !" Bien sûr, elle ne sera jamais entendue. Le sel de cette histoire, c'est que Marthe Richard n'aurait jamais dû siéger au conseil municipal de Paris, car au moment des faits elle n'était plus française, mais anglaise par mariage ! Tous les votes auxquels elle avait pris part auraient dû être annulés !
N'est-il pas encore temps de porter plainte ?
(source le point)
En réalité, on découvrira plus tard qu'elle est surtout une affabulatrice ayant débuté dans la vie comme viande à soldats, tapinant autour de la caserne de Nancy à un âge où les petites filles jouent encore à la poupée. En 1905, à 16 ans, elle est déjà fichée par la préfecture comme prostituée. Sa vie est un long fleuve de mensonges qui lui permet de se bâtir une aura prestigieuse. Aussi, quand les partisans de la fermeture des maisons de tolérance entament leur campagne après la guerre, pensent-ils immédiatement à la prendre comme porte-drapeau. Marthe accepte la mission. Elle rêve d'être la Jeanne d'Arc qui boutera la prostitution hors de France ! En fait, elle ne fera que la répandre sur tous les trottoirs !
"Veuve qui clôt"
Première étape : bouter les maisons closes hors de Paris. À l'époque, Marthe est membre du conseil municipal de la Ville de Paris. Le 13 décembre 1945, elle prend la parole devant l'Assemblée : "Il est temps de lutter contre l'exploitation commerciale de la prostitution. Les femmes ne sont pas des esclaves... Supprimons les maisons de tolérance ainsi que la police des moeurs, luttons contre le marché des femmes..." Il faut savoir qu'au lendemain de la guerre la capitale compte 190 maisons de tolérance ou de rendez-vous autorisés qui fournissent du boulot à plus de 1 500 femmes. Au terme d'un débat houleux, le préfet de la Seine finit par promettre la fermeture desdites maisons closes d'ici à trois mois dans le département de la Seine.
Ce premier succès encourage Marthe à poursuivre une virulente campagne dans la presse pour que la mesure soit étendue à l'ensemble du territoire. Nouvelle victoire pour l'ancienne "pain de fesse", puisque, le 13 avril 1946, c'est au tour de l'Assemblée nationale d'adopter la loi n° 46.685 "tendant à la fermeture des maisons de tolérance et au renforcement de la lutte contre le proxénétisme", plus connue sous le nom de loi Marthe Richard. Bien qu'elle ne soit pas députée, elle pavoise. Dans cette loi, il y a un article qui l'intéresse plus que tous les autres, c'est l'article 5 qui ordonne la destruction du fichier national de la prostitution où son nom figure encore ! Depuis le temps qu'elle voulait l'y voir rayé ! Cette victoire devant l'Assemblée nationale lui vaut le doux surnom de la "Veuve qui clôt". Les amateurs de contrepèteries et de champagne comprendront.
"Né polygame"
Curieusement, la presse de l'époque se fait peu l'écho de cette décision, ce qui n'empêche pas les nombreux habitués des maisons closes d'être désespérés. Les tenanciers de lupanars ont six mois pour mettre la clef sous la porte, à moins de convaincre les députés de faire machine arrière, ce qu'ils espèrent toujours. Ils créent une Amicale des maîtres d'hôtel, chargée de concevoir un argumentaire listant les bonnes raisons pour lesquelles l'homme a besoin de fréquenter un établissement de prostituées. En voici, un extrait :
1 - La nature même de l'homme, né polygame ;
2 - Les besoins sexuels de l'adolescent pendant la période partant de la puberté jusqu'au mariage ;
3 - Les veufs ayant des enfants et ne désirant pas se remarier ;
4 - Les célibataires, déshérités physiques, mutilés de guerre, sourds-muets, aveugles, culs-de-jatte, etc.
5 - Les hommes mariés dont la femme, pour raison de santé ou par suite d'opération, ne peut avoir de rapports et qui, par conséquent, ne peuvent prendre de maîtresse sans courir le risque de désunir leur foyer ; résultat : mauvais ménage, divorce, drames conjugaux... ;
6 - Les sadiques qui trouvent dans les maisons d'illusion les sensations recherchées.
Mais rien n'y fait. La loi est appliquée. Les maisons de tolérance ferment toutes, jetant des milliers de prostituées sur le trottoir où elles poursuivent leur sacerdoce, mais en absence de tout contrôle sanitaire. Le beau progrès. Même Marthe Richard est obligée de convenir que l'abolition des maisons closes est une belle connerie. En 1951, elle propose leur réouverture, sous certaines conditions : "C'est au grand jour que doit s'organiser la prostitution nouvelle. Les maisons sont nécessaires, soit, mais ce seront des établissements ouverts, dont les pensionnaires, devenues des travailleuses sociales, prendront rang de fonctionnaire et retrouveront, avec la conscience de leur dignité, leur place dans l'État !" Bien sûr, elle ne sera jamais entendue. Le sel de cette histoire, c'est que Marthe Richard n'aurait jamais dû siéger au conseil municipal de Paris, car au moment des faits elle n'était plus française, mais anglaise par mariage ! Tous les votes auxquels elle avait pris part auraient dû être annulés !
N'est-il pas encore temps de porter plainte ?
(source le point)