L'as de la carte falsifiée sévit entre Marseille et Phuket
Posté : lun. 11 avr. 2011 19:43
La police démantèle un vaste réseau, créé par un génie de l'informatique
Le chef du réseau
Le chef du réseau "réencodait" des cartes vierges, dont les données avaient été préalablement récupérées via internet. Les fausses ne fonctionnent qu'à l'étranger.
Pouvait-il en être autrement ? Peut-on grandir au coeur de la cité Félix-Pyat (3e ) à Marseille, capitale mondiale du trafic de cartes bancaires, démontrer les plus grandes aptitudes à mani er l'informatique et passer l'écueil de la délinquance en col blanc? En quelques années, Ali a sombré dans ces eaux troubles, avant d'atteindre les hauts sommets de la criminalité financière. L'enfant de Saint-Mauront est devenu une sorte de docteur ès carte bleue falsifiée, capable de reproduire ces moyens de paiement avec une facilité déconcertante.
En 2007 déjà, il s'était retrouvé mis en examen pour avoir détourné des milliers de numéros de cartes américaines au profit d'escrocs. Cette semaine, la Division économique et financière de la police judiciaire marseillaise a porté un nouveau coup d'arrêt à ses activités qu'il n'a semble-t-il jamais cessées. Avec l'aide de complices, Ali, 38ans,avait mis en place un système bien rôdé de fabrication et d'utilisation de "yes card", des cartes permettant de débiter des comptes bancaires de tiers, à leur insu, dans des distributeurs de billets.
Parallèlement, l'escroc avait mis au point un dispositif permettant d'ouvrir des crédits immobiliers ou des crédits à la consommation grâce à une panoplie de faux documents qu'il concevait lui-même. Après six mois d'enquête, la PJ est passée à l'action pour arrêter l'ensemble du réseau et leur chef tout-puissant. Les enquêteurs ont interpellé Ali dimanche, à l'aéroport de Marignane, alors qu'il s'apprêtait à prendre l'avion pour Casablanca et rejoindre sa compagne, épousée il y a quelques semaines.
Le lendemain, le filet s'est refermé sur les petites mains, dans le 15e arrondissement de Marseille. Trois d'entre eux avaient passé cinq jours en Thaïlande, à la mi-février, pour l'un de leur "raid", particulièrement dévastateur. Avec leurs "yes card", les suspects ont réussi à retirer 12000€ dans les distributeurs locaux, pour en dépenser une partie dans les hôtels huppés de Phuket et ramener le reste de la somme à Marseille, conformément aux desiderata du chef.
Ali a été écroué depuis, avec deux autres personnes, dont celles ayant fait le déplacement en Asie. Le reste des mis en cause a été mis en examen, dont deux étaient originaires de Vedène (Vaucluse). Ils avaient bénéficié de faux documents permettant l'ouverture de crédits immobiliers. L'un d'eux avait permis de débloquer la somme de 200000€. Des ordinateurs ont été saisis dans le petit studio qu'occupait Ali, à Aix.
Les enquêteurs n'ont pas encore pu décoder les données que l'as en informatique a méticuleusement protégées derrière une barrière de cryptages en tout genre. La juge d'instruction Justine Aubriot, du tribunal d'Aix-en-Provence, poursuit les investigations.
Romain Luongo
http://www.laprovence.com/article/regio ... -et-phuket
Le chef du réseau
Le chef du réseau "réencodait" des cartes vierges, dont les données avaient été préalablement récupérées via internet. Les fausses ne fonctionnent qu'à l'étranger.
Pouvait-il en être autrement ? Peut-on grandir au coeur de la cité Félix-Pyat (3e ) à Marseille, capitale mondiale du trafic de cartes bancaires, démontrer les plus grandes aptitudes à mani er l'informatique et passer l'écueil de la délinquance en col blanc? En quelques années, Ali a sombré dans ces eaux troubles, avant d'atteindre les hauts sommets de la criminalité financière. L'enfant de Saint-Mauront est devenu une sorte de docteur ès carte bleue falsifiée, capable de reproduire ces moyens de paiement avec une facilité déconcertante.
En 2007 déjà, il s'était retrouvé mis en examen pour avoir détourné des milliers de numéros de cartes américaines au profit d'escrocs. Cette semaine, la Division économique et financière de la police judiciaire marseillaise a porté un nouveau coup d'arrêt à ses activités qu'il n'a semble-t-il jamais cessées. Avec l'aide de complices, Ali, 38ans,avait mis en place un système bien rôdé de fabrication et d'utilisation de "yes card", des cartes permettant de débiter des comptes bancaires de tiers, à leur insu, dans des distributeurs de billets.
Parallèlement, l'escroc avait mis au point un dispositif permettant d'ouvrir des crédits immobiliers ou des crédits à la consommation grâce à une panoplie de faux documents qu'il concevait lui-même. Après six mois d'enquête, la PJ est passée à l'action pour arrêter l'ensemble du réseau et leur chef tout-puissant. Les enquêteurs ont interpellé Ali dimanche, à l'aéroport de Marignane, alors qu'il s'apprêtait à prendre l'avion pour Casablanca et rejoindre sa compagne, épousée il y a quelques semaines.
Le lendemain, le filet s'est refermé sur les petites mains, dans le 15e arrondissement de Marseille. Trois d'entre eux avaient passé cinq jours en Thaïlande, à la mi-février, pour l'un de leur "raid", particulièrement dévastateur. Avec leurs "yes card", les suspects ont réussi à retirer 12000€ dans les distributeurs locaux, pour en dépenser une partie dans les hôtels huppés de Phuket et ramener le reste de la somme à Marseille, conformément aux desiderata du chef.
Ali a été écroué depuis, avec deux autres personnes, dont celles ayant fait le déplacement en Asie. Le reste des mis en cause a été mis en examen, dont deux étaient originaires de Vedène (Vaucluse). Ils avaient bénéficié de faux documents permettant l'ouverture de crédits immobiliers. L'un d'eux avait permis de débloquer la somme de 200000€. Des ordinateurs ont été saisis dans le petit studio qu'occupait Ali, à Aix.
Les enquêteurs n'ont pas encore pu décoder les données que l'as en informatique a méticuleusement protégées derrière une barrière de cryptages en tout genre. La juge d'instruction Justine Aubriot, du tribunal d'Aix-en-Provence, poursuit les investigations.
Romain Luongo
http://www.laprovence.com/article/regio ... -et-phuket