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Ca clape dur !

Posté : mar. 10 mai 2011 20:56
par dreamman
Ca clape dur !

Depuis une dizaine d’années, la Thaïlande a su se tailler une place de choix dans l’industrie du cinéma mondial. Les atouts du royaume le placent en tête des destinations asiatiques les plus prisées des cinéastes étrangers. Résultat ? Des prestataires de services d’assistance aux tournages européens toujours plus nombreux, notamment à destination des réalisateurs francophones. Mais jusqu’à quand ? Et à quel prix ?

Attirer les touristes

« Ce bouche à oreille pourrait bien aussi dynamiser le secteur touristique », pense la porte-parole. Certes. Mais à quel prix ? Car vendre du rêve en technicolor pour attirer le chaland n’est pas sans conséquences. Les exemples de dérives passées sont nombreux et le cinéma a déjà sévèrement contribué à modifier le visage du pays. Réalisé en 1973, le tournage du neuvième James Bond, L’Homme au pistolet d’or, sur Koh Khao, a conduit à un afflux massif de touristes dans la région. Résultat ? Une île rebaptisée depuis « James
Bond Island » et des dégâts environnementaux sans précédent. Même constat du côté de la baie de Koh Phi Phi à la suite du film The Beach, avec Leonardo Di Caprio et Virginie Ledoyen : surexploitation des ressources et surpopulation touristique. Et la liste est longue. Mais les six milliards de bahts amassés par le royaume grâce au cinéma étranger au cours des cinq dernières années poussent apparemment les autorités locales à l’amnésie. Pourtant, à trop faire fi des erreurs du passé, il se pourrait bien que le pays s’en morde un jour les doigts. Ce que viennent chercher ici les professionnels du cinéma, ce sont des images d’exotisme et de plages désertes. Les côtes souillées par le tourisme, elles, ne déplacent pas vraiment les foules. A force de galvauder ses attraits, le pays prend le risque de paraître beaucoup moins « sexy » aux yeux des cinéastes. Néanmoins, le royaume persiste et signe. Crise de myopie générale face aux erreurs passées, priorité aux scores financiers.

Extrais, source et article complet: http://www.gavroche-thailande.com/actua ... -clape-dur

Re: Ca clape dur !

Posté : mar. 10 mai 2011 20:57
par dreamman
Complément...

En 2010...
Pas moins de 578 films étrangers ont été tournés dans le royaume, dont 255 pubs, 178 documentaires et 49 longs métrages. Mais aussi plus de 40 séries télé et 50 clips musicaux. Montant total des bénéfices pour le pays ? Pas moins de 1,87 milliard...

CE QUE DIT LA LOI

-Pour les équipes de télévision étrangères souhaitant réaliser des reportages d’actualité, aucun visa spécifique n’est exigé aux journalistes à leur entrée dans le pays, ni aucune autorisation de tournage dans les lieux publics, sauf en cas de sommet politique ou de cérémonie officielle, ou de tournage au sein des parcs nationaux et bâtiments gouvernementaux.

-La réalisation de documentaires et de films, elles, nécessite l’obtention d’un permis de filmer. Délivrée par l’Office du film thaïlandais et le ministère du Tourisme et des Sports, il peut être demandé depuis Paris, sur présentation détaillée des lieux et équipes de tournages prévus. Le délai de délivrance de ce permis est de cinq à sept jours. Depuis la Thaïlande, toutes les demandes d’autorisation peuvent se faire en un seul et même lieu : le bureau One-Stop. Créée par le gouvernement en 2007 pour faire face au développement de la demande, cette agence se consacre entièrement aux réalisateurs étrangers. (thailandfilmoffice.org)

QUID DU CINOCHE FRANÇAIS ?

Le cinéma français n’a jamais réellement eu la cote en Thaïlande, à part auprès d’un public de connaisseurs, très clairsemé. Si, ponctuellement, certaines réalisations comme Amélie Poulain ou Les Choristes parviennent à faire une belle percée, ces succès demeurent toujours des cas isolés. Selon les estimations, les films français ne dépasseraient pas, en moyenne, les deux mille entrées en salle. Mais la situation a tendance à évoluer dans le bon sens. En 2003, seuls trois films français étaient à l’affiche dans l’ensemble des cinémas de Bangkok, contre 16 en 2006 et 33 en 2007. Pourtant, le cinéma français traîne toujours une image bien trop pointue et intello pour vraiment parvenir à percer. Le cinéma étant d’abord perçu comme un divertissement par les Thaïlandais, les productions hexagonales apparaissent souvent comme trop sérieuses et dramatiques. Un brin prétentieuses même. Un a priori qui empêche le cinéma francophone de coller à la demande locale. Même des films plus « légers », tels que Le dîner de con, Astérix mission Cléopâtre ou Taxi, ne sont pas parvenus à faire leur trou.

http://www.gavroche-thailande.com/actua ... -clape-dur