Thaïlande: sécurité accrue avant un jugement crucial pour le parti au pouvoir

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dreamman
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Thaïlande: sécurité accrue avant un jugement crucial pour le parti au pouvoir

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La sécurité sera renforcée autour de la Cour constitutionnelle thaïlandaise lorsqu'elle tranchera vendredi sur une plainte contre le parti au pouvoir, qui pourrait conduire à la dissolution de celui-ci et à des violences menaçant les magistrats, a-t-on appris mercredi de sources officielles.

"Après le verdict, il pourrait y avoir des violences, alors nous devons rester vigilants", a déclaré mercredi le vice-Premier ministre en charge des questions de sécurité, Yutthasak Sasiprapa.

Près de 2.000 policiers seront déployés autour du bâtiment, selon le général Adul Saengsingkaeo, chef adjoint de la police, précisant que les juges seraient protégés par la police.

Mais "si la situation dégénère", l'armée sera prête à prendre le relais pour "évacuer" les magistrats, a ajouté Yutthasak.

Le Parti démocrate (opposition) a déposé un recours contre une proposition du Puea Thai de la Première ministre Yingluck Shinawatra d'amender la Constitution de 2007, promulguée par la junte alors au pouvoir.

Les Démocrates y voient une menace pour la monarchie, révérée par beaucoup de Thaïlandais. Ils dénoncent aussi une manoeuvre pour permettre le retour de Thaksin Shinawatra, frère de Yingluck, chassé du pouvoir en 2006 par un coup d'Etat et qui reste, depuis son exil à Dubaï, le personnage-clé de la politique nationale.

Si elle leur donne raison, la Cour pourrait dissoudre le parti majoritaire un an après sa victoire aux législatives et raviver les tensions toujours vives sur l'échiquier politique du royaume.

"Cela ne serait pas une surprise", a estimé Pavin Chachavalpongpun, de l'université de Kyoto selon lequel la cour a, à plusieurs reprises, montré qu'elle était "capable de tout pour protéger les intérêts de ceux pour lesquels elle travaille (...), l'armée, les élites traditionnelles, la monarchie".

Mais une telle décision "pourrait mener à une autre crise", a-t-il prévenu.

Une dissolution ne serait pas une première: la Cour avait déjà éliminé les deux ancêtres du Puea Thai, interdisant à plus de 200 de ses membres toute activité politique pour cinq ans et conduisant à l'arrivée au pouvoir des Démocrates, qui n'ont plus gagné une élection depuis 20 ans.

Mais une répétition de ce que certains qualifient déjà de "coup d'Etat judiciaire" mettrait de l'huile sur le feu dans un pays dont la vie est rythmée depuis des années par les mouvements de rue.

Au printemps 2010, jusqu'à 100.000 "chemises rouges", pour la plupart fidèles à Thaksin, avaient occupé Bangkok pendant deux mois pour réclamer la démission des Démocrates au pouvoir avant un assaut de l'armée.

La crise (90 morts, 1.900 blessés) avait mis en lumière le fossé entre masses populaires et rurales défavorisées, loyales à Thaksin, et élites gravitant autour du palais royal, qui le considèrent comme une menace pour la monarchie.

Leurs ennemis intimes, les "chemises jaunes" royalistes, ont réussi le mois dernier avec quelques milliers de militants à faire retarder l'examen d'une loi qu'ils jugent favorable à Thaksin.
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dreamman
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Re: Thaïlande: sécurité accrue avant un jugement crucial pour le parti au pouvoir

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La Cour constitutionnelle de Thaïlande a rejeté vendredi, dans un jugement que tout le pays attendait avec fébrilité, une plainte de l'opposition contre le parti au pouvoir, en estimant que son projet de réforme de la Constitution n'était pas une menace pour la monarchie.

Les magistrats de la Cour, qui était protégée par des centaines de policiers de crainte de débordements, ont rejeté le dossier du Parti démocrate, proche des élites de Bangkok, qui attaquait le Puea Thai de la Première ministre Yingluck Shinawatra.

"Toutes les requêtes ont été rejetées", a indiqué l'un d'entre eux.

Le parti au pouvoir veut créer une commission chargée de réfléchir à des amendements de la Constitution de 2007, promulguée par la junte alors au pouvoir.

Les Démocrates y voient une menace pour la monarchie, révérée par beaucoup de Thaïlandais. Ils dénoncent aussi un complot pour faire revenir Thaksin Shinawatra, frère de Yingluck, chassé du pouvoir en 2006 par un coup d'Etat et qui reste, depuis son exil, le personnage-clé de la politique nationale.

Le pays était dans l'expectative ces derniers jours. Car la Cour pouvait, dans le cas le plus explosif, dissoudre le parti majoritaire un an après sa victoire aux législatives et provoquer de nouvelles manifestations dans un pays rythmé par les mouvements de rue.

Afp
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