La «grande muraille» du Chao Phraya

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Raymond38
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La «grande muraille» du Chao Phraya

Message par Raymond38 »

Source: lefigaro.fr
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le 10/10/2012

Frappée par des inondations dantesques en 2011, la Thaïlande a lancé un immense chantier de digues sur les 372 kilomètres de ce fleuve indomptable et imprévisible.
Ils s'échinent, transpirent, s'éreintent sous le soleil. Les champions de la fortification s'activent sur les berges du Chao Phraya. La «grande muraille», version thaïlandaise, est en béton armé et doit se dérouler le long des 372 kilomètres de ce fleuve indécis et versatile, qui arrose dix provinces avant de se jeter dans le golfe de Thaïlande, au sud de Bangkok.
Traumatisé par les inondations catastrophiques de l'an dernier, le pays se barricade. Les enceintes poussent comme des champignons autour des zones industrielles, et le Chao Phraya, qui était sorti de son lit sur plusieurs portions, est enserré par des digues de plus de cinq mètres de haut. À Nakhon Sawan, dans la plaine centrale où le «Seigneur des eaux» prend sa source, c'est déjà l'empire des murs. Pour Vinai Sitthimontol, vice-gouverneur de la province, «ce rempart - qui mesure pour l'instant 600 mètres mais qui s'étendra sur 27 kilomètres en 2015 - est notre salut. En octobre 2011, ce sont 44 milliards de mètres cubes d'eau par minute qui se sont déversés sur notre province, nous n'étions prêts à faire face qu'à 28 milliards».
«Jouer avec les eaux»

Noyé l'an dernier sous 3,88 mètres d'eau, le chef-lieu, qui chiffre les dégâts à 30 milliards de baths, ne veut pas se laisser surprendre une seconde fois. Sur le chantier, tous affirment qu'ils sont fiers de mener ce furieux combat contre l'eau. Et comme Pond Thananakon, un ouvrier portant une belle cagoule en acrylique, qui explique que si cela ne tenait qu'à lui, il monterait la digue encore un peu plus haut, les riverains du Chao Phraya se sentent rassurés par les gigantesques structures anti-inondations qui poussent dans les provinces de Nakhon Sawan, Chai Nat ou Angthong.

«Si la Thaïlande bétonne avec une telle frénésie, c'est qu'elle a la frousse», explique le géologue Thanawat Jarupongsakul, directeur du Centre d'études sur les catastrophes. Plus de 800 morts, des dégâts estimés à 31,5 milliards d'euros, 13 % de la récolte de riz perdue, l'activité d'un millier d'usines appartenant à des investisseurs européens, japonais et américains suspendue: les pires inondations depuis cinquante ans ont durement éprouvé le pays.

«Mais ce mur est une belle bêtise. Il ne nous sauvera certainement pas de la noyade, il fera monter le niveau des eaux du fleuve et le fera déborder plus rapidement»,estime le géologue. Quant à Bangkok, qui vient d'achever, sur la rive droite, l'élévation de la crête des digues à 2,8 mètres, «elle peut se remettre au travail, puisqu'en amont, à Pathum Thani ou à Singburi, ils montent jusqu'à 6 mètres», raisonne-t-il.
Performance athlétique

Pour tenter de faire oublier les tergiversations, les cafouillages et l'apathie face à la montée des eaux, le gouvernement de Yingluck Shinawatra s'est mis à investir massivement dans ces murs de protection. À bon escient?«Avec ce plan d'action, nous sommes assurés d'être confrontés à une inondation majeure dans les dix ans, prédit Thanawat Jarupongsakul. Nous avons perdu la capacité de vivre sereinement avec l'eau. Nous avons transformé les marécages - qui nous servaient d'éponges et nous protégeaient des crues du fleuve ou des marées montant de la mer - en rizières, puis en zones industrielles. Bueng Boraphet, la plus grande zone de rétention d'eau située dans la province de Nakhon Sawan, a diminué de 80 %. Et nous avons oublié qu'il fallait dévier, jouer avec les flux d'eau, les canaliser sans jamais s'y opposer»,analyse le scientifique, qui propose une «voie express de dérivation» du Chao Phraya.

La gestion des eaux est particulièrement complexe en Thaïlande. Les décisionnaires sont beaucoup trop nombreux pour être efficaces: «Quinze agences et neuf ministères sont intervenus dans la gestion des inondations, souligne Thitinan Pongsudhirak, analyste politique à l'université Chulalongkorn. Il ne peut y avoir de vraie stratégie politique nationale». Parfaite illustration: en 2011, l'eau contenue dans les deux plus grands barrages du pays n'avait pas été relâchée dans les délais à la mi-saison des pluies, ce qui a abouti à un gigantesque déferlement d'eau sur la plaine centrale au pire moment, aggravant les inondations aux abords de la capitale.

Les Thaïlandais ne peuvent même plus s'en remettre à Mae Khongkha, la déesse des eaux, car lui faire des offrandes par-dessus des murs de 5 mètres relève de la performance athlétique. Ils n'ont plus qu'à espérer que 2011 reste une mousson exceptionnelle, avec une pluviométrie de 40 % supérieure aux moyennes habituelles enregistrées.

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Farangissan
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Re: La «grande muraille» du Chao Phraya

Message par Farangissan »

«Si la Thaïlande bétonne avec une telle frénésie, c'est qu'elle a la frousse», explique le géologue Thanawat Jarupongsakul, directeur du Centre d'études sur les catastrophes.Mais ce mur est une belle bêtise. Il ne nous sauvera certainement pas de la noyade, il fera monter le niveau des eaux du fleuve et le fera déborder plus rapidement»,estime le géologue"

«Avec ce plan d'action, nous sommes assurés d'être confrontés à une inondation majeure dans les dix ans", prédit Thanawat Jarupongsakul. Nous avons perdu la capacité de vivre sereinement avec l'eau. Nous avons transformé les marécages - qui nous servaient d'éponges et nous protégeaient des crues du fleuve ou des marées montant de la mer - en rizières, puis en zones industrielles. Bueng Boraphet, la plus grande zone de rétention d'eau située dans la province de Nakhon Sawan, a diminué de 80 %. Et nous avons oublié qu'il fallait dévier, jouer avec les flux d'eau, les canaliser sans jamais s'y opposer»,analyse le scientifique, qui propose une «voie express de dérivation» du Chao Phraya."


Ces deux scientifiques risquent la prison à vie; ils sont très proche dans ces propos de la diffamation.

Je ne rigole pas, d'autres sont en taule pour en avoir dit mille fois moins.

On peut lutter contre le feu mais pas contre l'eau;
les anciens, en Thaïlande le savaient bien;
ce n'est pas par hasard que la construction des maisons se fait sur pilotis, même si la zone n'est pas inondable.

Si l'eau ne peut passer par dessus, elle passera par dessous;
la seule véritable solution, ce n'est pas ce mur idiot mais le drainage des canaux, le curage des fossés, la reforestation et l'éducation.

Là, je viens d'écrire un gros mot : EDUCATION
tiens, rien qu'aujourd'hui, 100 bornes, pile poil avec le VTT et 41 bouteilles ramassées pour beau papa qui fabrique des pièges à poissons
et je ne ramasse pas les grandes bouteilles, pas assez de place
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