Décidément, les exportations thaïlandaises sont au plus mal. Les ventes de riz se sont effondrées. Pourtant, la Thaïlande en regorge, mais le riz thaï subventionné est devenu trop cher sur le marché mondial. Comme si cela ne suffisait pas, le commerce de la crevette a chuté de moitié depuis le début de l'année.
En cause, cette fois, une maladie : le syndrome de mortalité précoce, qui n'a aucun effet sur l'homme mais qui décime les crustacés. Cette bactérie est apparue il y a quatre ans en Asie, continent qui représente 90% de la production aquacole mondiale. Elle a d'abord sévi en Chine, puis au Vietnam, avant de s'installer à la fin de l'année dernière dans les bassins aquacoles très nombreux le long des côtes du golfe de Thaïlande.
Le syndrome de mortalité précoce tue les crevettes lorsqu'elles sont encore à l'état de larve. Elles n'atteignent pas le stade de la reproduction. Alors, la production thaïlandaise - 600 000 tonnes habituellement - a chuté de moitié, et les exportations ont diminué au même rythme. Cela représenterait pour la Thaïlande, premier exportateur de crevettes au monde, un manque à gagner de plus d'un milliard de dollars en un an. Ses clients habituels, au premier rang desquels les Etats-Unis, le Japon, l'Espagne et la France, se tournent depuis quelques mois vers la crevette produite en Indonésie, en Inde et en Equateur. Les concurrents de la Thaïlande bénéficient d'une hausse des prix de 30% du crustacé.
En Thaïlande, l'épidémie marque le pas, grâce à la mobilisation de l'industrie et des autorités qui ont organisé un système de quarantaine des larves de crevettes. Mais la production ne devrait pas retrouver tout de suite son rythme antérieur. Les éleveurs aquacoles hésitent encore à réinvestir massivement dans les écloseries, après avoir subi de lourdes pertes.
Source: http://www.rfi.fr/emission/20130719-mal ... ses-moitie