BANGKOK - Les inondations, qui menacent depuis plusieurs jours Bangkok et ses 12 millions d'habitants, ont pris mercredi une tournure politique, l'opposition réclamant l'état d'urgence pendant que la chef du gouvernement appelait avec emphase la Thaïlande à l'unité.
Aujourd'hui, je vais vraiment vous dire la vérité. J'ai remué ciel et terre mais je ne peux pas régler ce problème seule. J'ai besoin de la coopération de tout le monde, a déclaré Yingluck Shinawatra aux journalistes, les larmes aux yeux.
Laissons la politique de côté. Nous devons redonner le moral aux gens, a ajouté la Premier ministre.
Le gouvernement, qui subit son premier vrai test depuis sa prise de pouvoir en août, se bat d'arrache-pied pour empêcher la capitale d'être gagnée par les eaux, renforçant les digues avec des sacs de sable pour protéger son centre d'affaires et ses aéroports.
Contrairement aux prévisions de la fin de la semaine dernière, qui prévoyait une accalmie après le week-end, la menace ne faiblit pas.
Les inondations ont fait au moins 315 morts. Car pour prix de la protection de la capitale, une immense région est noyée parfois sous plusieurs mètres d'eau. Un tiers des provinces du pays est concerné.
Sept nouveaux districts du nord et de l'est de Bangkok étaient mercredi en danger après la rupture d'une digue, selon le gouverneur de la ville Sukhumbhand Paribatra.
Les résidents de ces districts devraient déplacer leurs biens en hauteur, débrancher les prises électriques et étudier le plan d'évacuation de la ville, a ajouté ce membre du parti démocrate, premier parti d'opposition.
Le district de Bang Bua Thong, à sec mardi, était enseveli sous 1,5 mètre d'eau mercredi, a témoigné un photographe de l'AFP.
Yingluck se voit reprocher depuis plusieurs jours indécision et déclarations contradictoires. La soeur de l'ex-Premier ministre en exil Thaksin Shinawatra, une femme d'affaires entrée en politique deux mois avant les élections de juillet, peine à convaincre sur ses capacités à gouverner.
Et elle est confrontée au dilemme entre soulager enfin les régions au nord et à l'est quitte à inonder une partie de Bangkok, ou la préserver coûte que coûte.
Un conseiller du Centre d'alerte national pour les catastrophes naturelles, l'amiral Kohlak Charoenruk, a plaidé pour une évacuation des eaux vers la mer à travers Bangkok, craignant à défaut des épidémies et un désastre humanitaire.
Les Démocrates ont pour leur part réclamé l'état d'urgence, auquel ils avaient eu recours au printemps 2010 lorsque Bangkok avait été paralysée pendant deux mois par des manifestations, lors de la crise la plus violente du royaume depuis des décennies (90 morts).
La situation empire et semble être hors de contrôle parce que les gens paniquent et détruisent les digues. Si le gouvernement déclare l'état d'urgence, cela contribuera à contrôler la population, a estimé un porte-parole démocrate, Sakoltee Pattiyakul.
La loi donnerait plus de pouvoir à l'armée. Elle offrirait la possibilité aux autorités de procéder à des évacuations de force et d'interdire certains axes la circulation.
Yingluck a refusé. Mais outre une facture en milliards d'euros, elle sait que la crise est désormais aussi devenue politique.
Elle a été très lente à réagir au début, constate Pavin Chachavalpongpun, de l'Institut des études du sud-est asiatique de Singapour, qui pointe aussi la cacophonie de la communication du gouvernement.
Inondations: le gouvernement appelle la Thaïlande à l'unité
- jean-louis
- Messages : 1135
- Enregistré le : jeu. 3 févr. 2011 03:49
- Localisation : Pattaya/Nakhon-Sawan
Inondations: le gouvernement appelle la Thaïlande à l'unité
Choisissez un travail que vous aimez et vous n'aurez pas à travailler un seul jour de votre vie Confucius