La Thaïlande utilise ses réserves de carburant suite aux pénuries constatées dans des milliers de stations-service
La Thaïlande a connu ces derniers jours de graves pénuries de carburant, provoquant de longues files d'attente aux stations-service dans de nombreuses régions. Dans le sud du pays, notamment dans le district de Ranot, à Songkhla, les habitants se sont rendus aux stations-service dès l'aube avec des jerricans, espérant encore pouvoir s'approvisionner.
Selon le gouvernement, il n'y a pas de pénurie structurelle de pétrole, mais plutôt une combinaison de facteurs : une demande accrue, des retards de distribution et le mécontentement des consommateurs. Afin de réduire rapidement la pression sur le marché, la réserve stratégique obligatoire a été temporairement ramenée à son niveau d'avant les tensions au Moyen-Orient.
Le gouvernement intervient pour approvisionner le marché en carburant.
Le gouvernement thaïlandais a décidé d'assouplir temporairement les exigences de réserves obligatoires pour les compagnies pétrolières. De ce fait, ces dernières ne sont plus tenues de mettre de côté 3 % de leurs stocks, mais seulement 1 %. L'objectif est simple : accroître la disponibilité immédiate de carburant et ainsi réapprovisionner plus rapidement les stations-service.
Le vice-Premier ministre Phiphat Ratchakitprakarn a déclaré, après consultation des raffineries et des principaux négociants, que le Premier ministre Anutin Charnvirakul avait déjà signé un décret en ce sens samedi. Le gouvernement entend ainsi éviter une nouvelle rupture de stock dans les stations-service cette semaine. Les raffineries fonctionnent donc à pleine capacité ou presque afin d'accroître leurs approvisionnements.
La demande explose en raison des troubles et des comportements d'accaparement.
La pression sur le marché des carburants a fortement augmenté en peu de temps. La consommation journalière, qui s'élevait normalement à environ 67 millions de litres, a récemment atteint, selon les autorités, entre 82 et 84 millions de litres. Cette hausse soudaine a entraîné une saturation du réseau de distribution.
Une part importante du problème semble avoir été causée par des achats de panique. Les stations-service, qui vendent environ 15 000 litres par jour en temps normal, se sont parfois retrouvées en rupture de stock dès midi. De ce fait, les livraisons ont dû être plus rapides et plus fréquentes que d'habitude, ce qui a exercé une pression supplémentaire sur un système logistique non conçu pour cela.
La pénurie concerne principalement la distribution, et non la totalité des stocks.
D'après les autorités, le pays dispose de réserves suffisantes de pétrole brut. Entre le 1er et le 20 mars, plus de 3,4 milliards de litres de pétrole brut ont été importés, une quantité suffisante pour le raffinage national. Par ailleurs, les inspections menées dans huit dépôts pétroliers n'ont révélé aucune preuve d'accaparement ni d'autres irrégularités.
Néanmoins, des pénuries généralisées sont apparues aux pompes. Cela s'explique principalement par le fait que le carburant est transporté par pipelines et camions-citernes, or tous les types de carburant ne peuvent pas transiter simultanément par le même réseau. En raison d'un pic de demande soudain, l'approvisionnement des stations-service s'en trouve rapidement affecté. Le transport a depuis été étendu à 24 heures sur 24, ce qui, selon le gouvernement, porte déjà ses fruits.
Des milliers de stations-service ont temporairement été en rupture de stock.
L'impact a été considérable. D'après les inspections du ministère de l'Intérieur, environ 8 000 des 9 387 stations-service de Thaïlande ont connu des pénuries temporaires. Cela témoigne de l'ampleur du problème à travers le pays, même s'il s'agissait souvent de perturbations passagères plutôt que d'un arrêt complet de l'approvisionnement.
Pour de nombreux automobilistes, transporteurs et entreprises, cette situation a engendré de l'incertitude. Les conséquences se sont fait immédiatement sentir, notamment en dehors de Bangkok et dans les provinces où l'approvisionnement ne peut être augmenté aussi rapidement. Le gouvernement s'est donc entendu avec les principaux distributeurs pour que tout soit mis en œuvre cette semaine afin d'éviter de nouvelles ruptures de stock dans les stations-service.
Le diesel reste un point faible du marché
Le diesel constitue un autre sujet de préoccupation. La capacité de raffinage de la Thaïlande est d'environ 175 millions de litres par jour, mais la production quotidienne de diesel s'élève à environ 77 millions de litres. Ce volume est inférieur à la demande actuelle, qui, selon le gouvernement, se situe entre 82 et 84 millions de litres par jour.
Par conséquent, le gouvernement envisage également des mesures supplémentaires. Les principaux négociants en carburants et raffineries sont incités à augmenter leur production. De plus, le biodiesel B20 devrait être de nouveau plus largement disponible dès ce week-end auprès des principaux distributeurs tels que OR, Bangchak et Shell, notamment pour les utilisateurs industriels.
Par cette mesure, la Thaïlande cherche avant tout à rétablir le calme sur le marché des carburants. Le message du gouvernement est clair : les réserves de pétrole sont suffisantes, mais la distribution doit être plus rapide et plus efficace. La normalisation effective de la situation d’ici une semaine dépendra principalement de la dissipation de la panique et du rythme de reconstitution des approvisionnements.
Source : Bangkok Post