La Thaïlande à la merci d'un «coup d'État aquatique»

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jean-louis
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La Thaïlande à la merci d'un «coup d'État aquatique»

Message par jean-louis »

La chef du gouvernement n'est plus obéie. Le pays, submergé par les eaux, pourrait confier son destin à l'armée.
Au milieu des inondations monstrueuses qui ravagent le pays depuis juillet, l'armée pourrait de nouveau déterminer la trajectoire politique du royaume. Devant les errements du gouvernement de Yingluck Shinawatra face à la catastrophe, l'opposition réclame la déclaration de l'état d'urgence, ce qui donnerait toute autorité aux gradés. Après le «coup d'État vertueux» de 2006, censé délivrer les Thaïlandais d'un premier ministre tyrannique et corrompu, puis le «demi-coup d'État» de 2010, pour maintenir au pouvoir le Parti démocrate d'Abhisit Vejjajiva, une version aquatique du putsch se jouerait aujourd'hui. Les adversaires du premier ministre utiliseraient les intempéries - qui ont tué 350 personnes et paralysé une bonne partie de l'économie - à des fins poli­tiques. Ils empêcheraient une réponse coordonnée du gouvernement pour saper sa crédibilité, explique-t-on dans l'entourage de Yingluck Shinawatra.
Si celle-ci a tardé à prendre la mesure des inondations et laissé ses ministres donner des informations contradictoires - quand ils ne sont pas absents -, elle doit aussi composer avec les interférences de Surayud Chulanont, un conseiller du roi. Le premier ministre a dû se plier aux expériences soufflées par le palais, aussi grotesques soient-elles: près d'un millier de bateaux ont remonté le fleuve Chao Phraya, qui serpente à travers Bangkok, dans l'espoir de repousser avec leurs moteurs l'eau vers la mer…
Les eaux s'immiscent dans Bangkok
Surtout, le pouvoir central est à la peine, avec une armée et un gouverneur de Bangkok qui fonctionnent de façon autonome. «N'écoutez que moi. Je vous dirai quand évacuer», n'hésite pas à répéter le gouverneur Sukhumband Paribatra, un des piliers de l'opposition. La Thaïlande aurait refusé mardi l'aide américaine sous la pression de l'armée, qui ne souhaite pas que l'on mette le nez dans ses affaires. Enfin, la chef du gouvernement n'est pas obéie: «J'ai donné l'ordre d'ouvrir les écluses de Bangkok. On m'a dit que c'était fait, mais quand nous avons vérifié, c'était loin d'être le cas», expliquait-elle récemment pour illustrer la difficulté d'avoir un contrôle sur l'ensemble des inondations.
Les eaux s'immiscent toujours plus dans Bangkok, des quartiers entiers sont sinistrés. L'aéroport de Don Muang et Vibhavadi Rangsit, l'artère à huit voies qui traverse la capitale de part en part, sont paralysés. Trois jours de congé ont été décrétés pour que la population se pré­pare au pic des grandes marées, le week-end prochain.
Hypothèse récurrente
Mais les crues ont aussi relancé le duel qui marque la ligne de fracture du pays entre les élites et les masses rurales et urbaines défavorisées qui ont élu récemment la cadette du clan Shinawatra. «On ne fait plus de quartiers dans l'arène poli­tique thaïlandaise. Il s'agit d'éliminer ses adversaires, même aux dépens des intérêts de la nation», constate l'analyste poli­tique Pavin Chachavalpongpun.
Dans un pays qui a connu 18 putschs - et des dizaines d'autres manqués - en soixante ans, le retour des militaires est une hypothèse récurrente. Les radios communautaires des «chemises rouges» le savent: elles crient déjà à une «conspiration des élites» et à une «sale revanche sur les urnes».
http://www.lefigaro.fr/international/20 ... atique.php

Inondations en Thaïlande: Premières mesures de rationnement
Mis à jour le 26.10.11 à 10h29
Plusieurs magasins de Bangkok ont commencé ce mercredi à imposer des mesures de rationnement face à l'afflux d'habitants venus s'approvisionner en produits de premières nécessité pour faire face aux inondations, les pires depuis un demi-siècle, qui menacent la capitale thaïlandaise.

Dans un supermarché situé au coeur de Bangkok, les clients n'ont désormais plus le droit qu'à un paquet de riz et une boîte d'oeufs par personne. Le papier toilette est également rationné. A l'exception des marques les plus chères, les bouteilles d'eau étaient en rupture de stock dans ce même supermarché alors que dans certains quartiers, des habitants faisaient état d'une dégradation de la qualité de l'eau du robinet.
Huit millions de mètres cubes d'eau détournés
Les inondations dans le nord, nord-est et centre du pays, ont fait au moins 373 morts depuis mi-juillet et ont contraint 113.000 personnes à trouver refuge dans des abris. Plus de 720.000 personnes ont un besoin urgent de soins médicaux.

Pour permettre aux habitants des zones concernées d'échapper aux inondations, les autorités ont annoncé mardi cinq jours de congés exceptionnels de jeudi à lundi à Bangkok et une vingtaine de provinces du pays. Le pic des grandes marées, prévu ce week-end, pourrait compliquer l'évacuation des eaux vers le golfe de Thaïlande et provoquer l'inondation des sites historiques de la capitale, jusque-là relativement épargnés.

Au moins huit millions de mètres cubes d'eau ont été détournés mais le coeur de Bangkok, poumon de l'économie nationale, reste menacé par les inondations en raison du niveau record du Chao Phraya et du risque de nouvelles pluies susceptibles de venir gonfler le cours du fleuve.

Des fortes pluies ont commencé à s'abattre tard mardi et des orages sont prévus pour la journée de mercredi.
Pression sur les digues
Pour Seri Supharatid, directeur du centre sur le changement climatique et les catastrophes à l'université de Rangsit, le sort de la ville repose sur la résistance des digues.

«Dans le pire des scénarios, si toutes les digues se brisent, la totalité de Bangkok sera plus ou moins inondée», a-t-il indiqué. Le Premier ministre, Yingluck Shinawatra, qui fait face à sa première crise majeure depuis son arrivée au pouvoir il y a deux mois, a prévenu qu'il fallait s'attendre à ce que certains quartiers de la capitale restent inondés pendant un mois.

«Après avoir évalué la situation, nous nous attendons à ce que les eaux restent à Bangkok de deux semaines à un mois avant d'être évacuées dans la mer», a-t-elle dit mercredi à des journalistes.
«La situation ne devrait pas être aussi grave que dans les autres provinces. Nous ne devrions pas observer pendant deux ou trois mois trois à quatre mètres d'eau comme cela a été le cas dans les autres provinces».
Secteur du tourisme touché
L'aéroport de Don Muang à Bangkok, qui dessert des vols intérieurs et des vols de compagnies privées, a fermé mardi en raison des inondations. La facture des inondations, qui a provoqué la fermeture temporaire de plusieurs usines, pourrait dépasser 3,2 milliards de dollars (2,3 milliards d'euros). Plus de 650.000 Thaïlandais ont été mis au chômage technique.

Le gouvernement a annoncé mardi un plan d'aide à la reconstruction de 10,6 milliards de dollars (7,3 milliards d'euros) destiné notamment aux petites et moyennes entreprises.

Les intempéries frappent de plein fouet le secteur du tourisme, l'un des piliers de l'économie thaïlandaise, et le chiffre de 19 millions de visiteurs attendus cette année pourrait être revu à la baisse.

Selon le ministre du Tourisme, Chumphol Silpa-archa, cette prévision pourrait en effet accuser une baisse comprise entre 500.000 et 1 million de visiteurs.
http://www.20minutes.fr/ledirect/812938 ... tionnement

La Thaïlande en "mode de crise", un aéroport de Bangkok inondé
La Thaïlande s'est mise en "mode de crise" mardi, en déclarant un week-end de cinq jours pour permettre aux 12 millions d'habitants de la capitale de faire face aux inondations, et en fermant pour une semaine au moins son aéroport national, gagné par les eaux.
Le pouvoir annonçait depuis longtemps que le centre de Bangkok serait noyé à son tour par les pires inondations dans le pays depuis des décennies.

"Le gouvernement s'est mis en mode de crise alors qu'une vague massive d'inondations est attendue le 26 octobre, coïncidant avec (les forts coefficients de) la marée haute" vendredi, a indiqué le Centre de coordination des secours (Froc).
Dans une déclaration télévisée mardi soir, la Premier ministre Yingluck Shinawatra a estimé qu'il était "très probable" que tout Bangkok, y compris le centre-ville, soit inondé, avec dans "le pire scénario" jusqu'à 1,5 mètre d'eau par endroits.
Le gouvernement a annoncé la fermeture des services publics de jeudi à lundi inclus, dans 21 provinces dont la mégalopole. La rentrée des écoles publiques, actuellement en vacances, a été reportée au 15 novembre.
Et les entreprises privées ont été priées d'accorder des jours de repos à ceux qui le souhaitaient, à l'exception de l'industrie agro-alimentaire, qui tourne à plein régime. La Banque centrale a en revanche indiqué que les marchés financiers ne fermeraient pas.
A la mi-journée, l'eau est entrée dans l'aéroport Don Mueang, affecté aux vols intérieurs. Quelques heures plus tard, il annonçait sa fermeture jusqu'au 1er novembre au moins.
Yingluck a néanmoins réuni son gouvernement à l'aéroport, où se sont aussi installés le Froc et quelques milliers de sinistrés.
"Nous sommes inquiets pour les évacués parce qu'il est compliqué de venir ici (...) Nous les déplacerons vers des zones plus sûres", a-t-elle déclaré, assurant en revanche que le Froc ne prévoyait pas de déménager.
Au moins six districts de Bangkok, classée par l'OCDE parmi les grandes villes côtières les plus exposées aux inondations d'ici à 2070, étaient inondés mardi.
Le niveau du Chao Phraya devrait atteindre les 2,60 mètres dans les jours à venir alors que les berges font en moyenne 2,5 mètres de hauteur, selon le gouverneur de Bangkok, Sukhumbhand Paribatra.
"Je répète mon avertissement à ceux qui vivent à proximité (...) de mettre leurs biens à hauteur et d'être en alerte maximum".
Quelque 16 produits de base (dont l'eau minérale, le savon, les oeufs) vont faire l'objet d'importations exceptionnelles, alors que les bouteilles d'eau sont déjà absentes des supermarchés. Les autorités ont promis que l'électricité pourrait être maintenue dans toute la ville.
Le gouvernement, qui subit son premier vrai test depuis sa prise de pouvoir en août, est désormais dépassé par les conséquences d'une mousson surabondante qui a déjà tué plus de 900 personnes en Asie du Sud-Est, dont 360 en Thaïlande.
La seule question est désormais de savoir à quel point le centre-ville historique, financier et commercial sera touché.
Mais malgré les appels à la coopération de tous, le pouvoir ne parvenait pas à faire taire les rumeurs de conflit et de dysfonctionnements entre le cabinet Yingluck, l'opposition démocrate auquel appartient le gouverneur de Bangkok, et l'armée.
Un porte-parole de la marine américaine a déclaré que les Etats-Unis avaient rappelé plusieurs navires de guerres envoyés au large de la Thaïlande la semaine dernière, à la suite de messages contradictoires et en l'absence de demande d'aide formelle des autorités.
L'ambassade américaine à Bangkok a cependant indiqué qu'un navire avait bien mouillé dans un port thaïlandais et que des hélicoptères effectuaient des missions d'évaluations en coopération avec l'armée thaïlandaise. Une version confirmée par Bangkok.
http://www.leparisien.fr/flash-actualit ... 685184.php
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bernardmjl
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Re: La Thaïlande à la merci d'un «coup d'État aquatique»

Message par bernardmjl »

J'avoue avoir du mal à comprendre les mesures préconisées par le palais royal avec 1000 bateaux qui remontent le fleuve pour repousser l'eau :bing2:
Le yabba circulerait il en haut lieu?
Il est grand temps que ce pays fasse aussi sa révolution
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