Quand le voyage en Thaïlande vire au cauchemar
Posté : jeu. 23 mai 2013 12:55
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le 23/05/2013
Romilly-sur-Seine - Un couple de Romillons et leur fille de 21 mois ont passé deux jours entre police et tribunal pour des passeports non visés
L'affaire a visiblement fait le tour de Phuket et se retrouve déjà en une de Phuket Wan tourist news, un site dédié à l'information touristique, sur l'île située au sud de la Thaïlande.
L'histoire, c'est celle de ce couple de Français, en l'occurrence Romillons, et de leur petite fille de vingt et un mois, au cours de vacances qui ont viré au cauchemar. Des vacances « agrémentées » d'une journée au poste de police et d'une autre au tribunal.
Tout démarre à leur arrivée à l'aéroport de Phuket le 3 mai, et à l'erreur qu'ils commettent en descendant de l'avion. « On allait récupérer nos valises. On est passé par les vols domestiques mais il n'y avait rien d'indiqué. Et on est sorti de l'aéroport sans être contrôlé », raconte aujourd'hui Élodie, qui, à ce moment-là, s'est posé des questions avec son conjoint. Ils sont alors de nouveau entrés dans l'aéroport pour chercher leurs valises, et sont ressortis de nouveau sans passer aucun contrôle, sans avoir aucun tampon sur leurs passeports : « C'était la deuxième fois que j'y allais. Pour moi, ils prenaient une photo en plus. C'était étonnant qu'il n'y ait aucun contrôle. On a demandé au chauffeur de taxi qui nous a dit qu'il n'y avait pas de problème. » Et ce, sachant que le couple ne parlait ni anglais, ni thaïlandais, et qu'ils avaient conscience que la barrière de la langue était un problème.
La question les taraudant tout de même, ils ont redemandé dans les jours qui suivaient à plusieurs personnes. Mais un francophone leur a fait part aussi de son étonnement et conseillé de se présenter à l'aéroport pour régulariser leur situation.
Conduits au commissariat dans un camion
C'est là que leurs ennuis ont commencé, lorsqu'ils se présentent le 8 mai au service de l'immigration de l'aéroport. « Il n'y avait que des questions en anglais et en thaïlandais. On ne comprenait rien. Ils nous ont proposé de refaire le trajet dans l'aéroport et il n'y avait toujours pas de contrôle », ajoute Élodie, en espérant à ce moment qu'ils prouveraient ainsi leur bonne foi. Mais ça ne suffit pas, ils sont finalement arrêtés par la police.
« Dans un camion, on a été conduit au commissariat à une vingtaine de kilomètres », raconte-t-elle encore en évoquant la détermination de l'officier de police qui « voulait aller jusqu'au bout » : « Il y en avait dix qui ne s'étaient pas présentés au contrôle. Ils recherchaient ces personnes. » S'ensuivent douze heures de garde à vue : « Ils nous ont demandé notre religion. On nous a pris nos empreintes, à l'ancienne. On a été traité comme des criminels. Entre-temps, il y a des gens qui venaient, qui regardaient. On est partis à 7 h pour l'aéroport, on a mangé à 15 h. C'était la panique. Ils avaient pris nos passeports. »
C'est grâce à l'aide du consul honoraire de l'ambassade de France - qui a également fait partie de la Police tourist volunteer Phuket, qui a un rôle de médiation entre les touristes et les autorités - et son épouse thaïlandaise qu'ils arrivent à trouver un arrangement. Un couple que les Romillons ne cessent de remercier pour leur aide tout au long de ces heures difficiles.
Pour éviter la prison, ces derniers doivent alors payer une amende de 40 000 Baht (un peu plus de 1 000 €) qui, finalement, sera payée par la compagnie aérienne Qatar Airways. « Pour eux, ce sont les compagnies aériennes qui sont responsables et qui auraient dû nous indiquer où passer. Ils ont payé tout de suite », décrit-elle.
Finalement, le couple et la petite fille peuvent rentrer à l'hôtel, avec une convocation au tribunal pour le lendemain matin pour répondre de ce qui est considéré comme une entrée illégale dans le pays : « On n'a pas dormi de la nuit. »
« Jugés sans notre présence »
En arrivant au tribunal le lendemain, on les « invite » à attendre leur tour en cellule, au sous-sol, avec tous les autres prisonniers : « Les détenus étaient enchaînés. Les hommes étaient habillés en orange et les femmes en bleu. » Là encore, l'action du consul a porté ses fruits et la famille a pu attendre dans une salle annexe : « On a passé sept heures en face de la cellule. Vers 17 h, quelqu'un est venu avec des papiers et nous a dit qu'on était jugé sans notre présence. »
Le couple n'avait en effet pas été appelé pour l'audience : « On a un casier judiciaire là-bas. » Un an de mise à l'épreuve faisant que s'ils venaient à entrer de nouveau illégalement dans le pays, ils iraient directement en prison. Ils ont aussi dû s'acquitter d'une amende de 4 000 Baht (environ 100 €) en tout : « On est remonté payer notre amende. On avait soit l'autorisation de rester, soit on était expulsé. On a pu ressortir et rester le temps de nos vacances jusqu'au 13 mai. » En sortant du tribunal, le couple est retourné à l'aéroport pour régulariser sa situation… mais est ressorti toujours sans tampon sur leur passeport. Quant à la petite fille, « elle est facile à vivre. Elle attendait. »
Le couple a ainsi pu terminer son voyage mouvementé en refaisant des excursions mais inutile de dire que la sérénité n'était pas forcément au rendez-vous pendant les quelques jours qui restaient. « Quand on a fait les valises, on a tout vidé, tout regardé », ajoute-t-elle encore.
Et, arrivés à l'aéroport, il a fallu encore deux heures de démarches administratives : « Ils nous ont fait signer plein de papiers pour se décharger. Il faut que je fasse tout traduire. » Élodie doit en effet faire part de tout ce qui s'est passé au ministère des Affaires étrangères. Puis, c'est surveillé qu'ils montent enfin dans l'avion qui les ramenait en France.
« On a vu l'envers du décor », commente-t-elle encore, en faisant part de leur soulagement en arrivant à Paris où « là, on est passé par trois contrôles différents. »
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le 23/05/2013
Romilly-sur-Seine - Un couple de Romillons et leur fille de 21 mois ont passé deux jours entre police et tribunal pour des passeports non visés
L'affaire a visiblement fait le tour de Phuket et se retrouve déjà en une de Phuket Wan tourist news, un site dédié à l'information touristique, sur l'île située au sud de la Thaïlande.
L'histoire, c'est celle de ce couple de Français, en l'occurrence Romillons, et de leur petite fille de vingt et un mois, au cours de vacances qui ont viré au cauchemar. Des vacances « agrémentées » d'une journée au poste de police et d'une autre au tribunal.
Tout démarre à leur arrivée à l'aéroport de Phuket le 3 mai, et à l'erreur qu'ils commettent en descendant de l'avion. « On allait récupérer nos valises. On est passé par les vols domestiques mais il n'y avait rien d'indiqué. Et on est sorti de l'aéroport sans être contrôlé », raconte aujourd'hui Élodie, qui, à ce moment-là, s'est posé des questions avec son conjoint. Ils sont alors de nouveau entrés dans l'aéroport pour chercher leurs valises, et sont ressortis de nouveau sans passer aucun contrôle, sans avoir aucun tampon sur leurs passeports : « C'était la deuxième fois que j'y allais. Pour moi, ils prenaient une photo en plus. C'était étonnant qu'il n'y ait aucun contrôle. On a demandé au chauffeur de taxi qui nous a dit qu'il n'y avait pas de problème. » Et ce, sachant que le couple ne parlait ni anglais, ni thaïlandais, et qu'ils avaient conscience que la barrière de la langue était un problème.
La question les taraudant tout de même, ils ont redemandé dans les jours qui suivaient à plusieurs personnes. Mais un francophone leur a fait part aussi de son étonnement et conseillé de se présenter à l'aéroport pour régulariser leur situation.
Conduits au commissariat dans un camion
C'est là que leurs ennuis ont commencé, lorsqu'ils se présentent le 8 mai au service de l'immigration de l'aéroport. « Il n'y avait que des questions en anglais et en thaïlandais. On ne comprenait rien. Ils nous ont proposé de refaire le trajet dans l'aéroport et il n'y avait toujours pas de contrôle », ajoute Élodie, en espérant à ce moment qu'ils prouveraient ainsi leur bonne foi. Mais ça ne suffit pas, ils sont finalement arrêtés par la police.
« Dans un camion, on a été conduit au commissariat à une vingtaine de kilomètres », raconte-t-elle encore en évoquant la détermination de l'officier de police qui « voulait aller jusqu'au bout » : « Il y en avait dix qui ne s'étaient pas présentés au contrôle. Ils recherchaient ces personnes. » S'ensuivent douze heures de garde à vue : « Ils nous ont demandé notre religion. On nous a pris nos empreintes, à l'ancienne. On a été traité comme des criminels. Entre-temps, il y a des gens qui venaient, qui regardaient. On est partis à 7 h pour l'aéroport, on a mangé à 15 h. C'était la panique. Ils avaient pris nos passeports. »
C'est grâce à l'aide du consul honoraire de l'ambassade de France - qui a également fait partie de la Police tourist volunteer Phuket, qui a un rôle de médiation entre les touristes et les autorités - et son épouse thaïlandaise qu'ils arrivent à trouver un arrangement. Un couple que les Romillons ne cessent de remercier pour leur aide tout au long de ces heures difficiles.
Pour éviter la prison, ces derniers doivent alors payer une amende de 40 000 Baht (un peu plus de 1 000 €) qui, finalement, sera payée par la compagnie aérienne Qatar Airways. « Pour eux, ce sont les compagnies aériennes qui sont responsables et qui auraient dû nous indiquer où passer. Ils ont payé tout de suite », décrit-elle.
Finalement, le couple et la petite fille peuvent rentrer à l'hôtel, avec une convocation au tribunal pour le lendemain matin pour répondre de ce qui est considéré comme une entrée illégale dans le pays : « On n'a pas dormi de la nuit. »
« Jugés sans notre présence »
En arrivant au tribunal le lendemain, on les « invite » à attendre leur tour en cellule, au sous-sol, avec tous les autres prisonniers : « Les détenus étaient enchaînés. Les hommes étaient habillés en orange et les femmes en bleu. » Là encore, l'action du consul a porté ses fruits et la famille a pu attendre dans une salle annexe : « On a passé sept heures en face de la cellule. Vers 17 h, quelqu'un est venu avec des papiers et nous a dit qu'on était jugé sans notre présence. »
Le couple n'avait en effet pas été appelé pour l'audience : « On a un casier judiciaire là-bas. » Un an de mise à l'épreuve faisant que s'ils venaient à entrer de nouveau illégalement dans le pays, ils iraient directement en prison. Ils ont aussi dû s'acquitter d'une amende de 4 000 Baht (environ 100 €) en tout : « On est remonté payer notre amende. On avait soit l'autorisation de rester, soit on était expulsé. On a pu ressortir et rester le temps de nos vacances jusqu'au 13 mai. » En sortant du tribunal, le couple est retourné à l'aéroport pour régulariser sa situation… mais est ressorti toujours sans tampon sur leur passeport. Quant à la petite fille, « elle est facile à vivre. Elle attendait. »
Le couple a ainsi pu terminer son voyage mouvementé en refaisant des excursions mais inutile de dire que la sérénité n'était pas forcément au rendez-vous pendant les quelques jours qui restaient. « Quand on a fait les valises, on a tout vidé, tout regardé », ajoute-t-elle encore.
Et, arrivés à l'aéroport, il a fallu encore deux heures de démarches administratives : « Ils nous ont fait signer plein de papiers pour se décharger. Il faut que je fasse tout traduire. » Élodie doit en effet faire part de tout ce qui s'est passé au ministère des Affaires étrangères. Puis, c'est surveillé qu'ils montent enfin dans l'avion qui les ramenait en France.
« On a vu l'envers du décor », commente-t-elle encore, en faisant part de leur soulagement en arrivant à Paris où « là, on est passé par trois contrôles différents. »
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