Bruno Gerber vient d'être mis en examen pour "blanchiment en bande organisée", dans l'enquête qui concerne principalement des sociétés de Gardanne et des marchés publics obtenus dans les Bouches-du-Rhône et en Haute-Corse.
Il est rare qu'une personne recherchée par le Service national de douane judiciaire entre en contact avec un magistrat alors qu'elle se trouve au bout du monde. C'est pourtant ce qui est arrivé le 18 novembre dernier. En charge de plusieurs instructions autour de marchés publics truqués, tant en Haute-Corse que dans les Bouches-du-Rhône, le juge Duchaine reçoit ce jour-là un appel d'un entrepreneur français installé en Thaïlande : Bruno Gerber. L'homme lui explique que son nom vient d'être cité par la presse et qu'il y a erreur, car il n'a plus de rapports avec les sociétés internationales qui font l'objet d'une enquête.
Dans les jours qui suivent, Bruno Gerber envoie trois mails au magistrat. Afin de prouver sa bonne foi, il transmet des documents fiscaux américains, un contrat écrit en chinois et en anglais, l'abreuve de détails sur deux personnes qui ne seraient que "ses clients" et qui ont été arrêtées peu de temps auparavant, Patrick Boudemaghe et Stéphane Brunengo. Autant d'arguments qui n'ont pas convaincu le juge Duchaine : cinq mois plus tard, à l'issue d'une garde à vue, Bruno Gerber vient d'être mis en examen pour "blanchiment en bande organisée", dans le volet de l'affaire qui concerne principalement des sociétés de Gardanne et des marchés publics obtenus en Haute-Corse et dans les Bouches-du-Rhône. Il a toutefois été laissé en liberté.
Venu exprès de Thaïlande pour se justifier, Bruno Gerber ignorait sans doute qu'il était dans le collimateur de la justice depuis... 2004 ! À l'époque, il apparaît dans une procédure ouverte par la Direction nationale d'enquêtes fiscales, qui visait déjà la galaxie de société orchestrée par Patrick Boudemaghe. Trois ans plus tard, l'Espagne lance contre lui "un mandat d'arrêt européen pour escroquerie et faux documents sur Malaga et sa province". Sans doute prévenu, il change alors de latitudes : lui qui partageait son temps entre le sud de la France, l'Angleterre et la péninsule ibérique s'envole vers les États-Unis, puis l'Asie du Sud-Est.
Selon l'enquête, le dispositif imaginé par Patrick Boudemaghe et ses complices fonctionnait en trois temps. D'abord, l'obtention de marchés publics, parfois dans des conditions douteuses comme cela a été le cas en Haute-Corse avec de fortes surfacturations (1). Ensuite, via des sociétés écrans, le transfert des fonds à l'étranger, le plus souvent dans des paradis fiscaux comme le Luxembourg ou l'État du Delaware aux USA. Enfin, le blanchiment de l'argent au travers d'autres structures financières.
Bruno Gerber intervenait à double titre dans ce qu'une note Tracfin, datée de juillet 2009, qualifie de "circuit de la fraude". Primo, comme il l'a reconnu devant le juge, en prenant en charge la constitution d'une myriade de sociétés, dont il assurait parfois la gestion et les transferts financiers. Secundo, en achetant en Asie des produits sanitaires qui étaient ensuite revendus à un prix dix fois plus élevé au Conseil général de Haute-Corse... Pour communiquer avec ses comparses, Boudemaghe en Espagne et Brunengo dans les Alpes-Maritimes, Gerber utilisait souvent le réseau téléphonique Skype, qui a l'avantage de déjouer les écoutes.
Particulièrement complexe, divisée en plusieurs instructions, l'enquête a montré que ce dispositif international de blanchiment était utilisé par d'autres "équipes". Ce serait notamment le cas de Bernard Barresi, le parrain marseillais arrêté l'année dernière sur la Côte d'Azur : il était en contact régulier avec Patrick Boudemaghe, qui semble être intervenu pour lui en République Dominicaine. Interrogé récemment par le juge Duchaine, Bernard Barresi a refusé de confirmer, reconnaissant tout au plus que Boudemaghe était "un pote".
Les investigations ont également mis en lumière l'imbrication financière entre ces sociétés et celles d'Alexandre Guérini, le frère du président PS du Conseil général des Bouches-du-Rhône, qui est écroué depuis décembre dernier. Plusieurs virements ont notamment été identifiés, pour un total de 500 000 €, entre Splendid entreprise Ltd et Jimpex Ltd. Basée à Gibraltar, la première structure était alors gérée par Bruno Gerber, Alexandre Guérini étant "le représentant" de la seconde qui se trouvait à Londres. L'argent a transité via des comptes de la banque luxembourgeoise Nord Europe Private, qui ont été fermés en 2006. Une partie de cette somme se serait ensuite retrouvée sur un compte personnel d'Alexandre Guérini, avant d'être transférée en Suisse. Selon les enquêteurs, "l'utilisation de ces fonds n'est pas connue".
(1) Créée en 2001, la société de travaux ABT a ainsi obtenu des marchés auprès du CG13, de l'Opac, de l'Europôle de l'Arbois, de MPM, de la mairie de Berre... Elle travaillait également avec la SMAE d'Alexandre Guérini sur la décharge de La Ciotat.
Fred GUILLEDOUX et Denis TROSSERO
http://www.laprovence.com/article/a-la- ... -thailande
Marchés publics truqués : les secrets du businessman français exilé en Thaïlande
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Pierrecannes
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Re: Marchés publics truqués : les secrets du businessman français exilé en Thaïlande
Les histoires de traitements des déchets en enfouissements,en incinérations, en collectes des ordures ménagères, en recyclages, sont pour les Elus de tout bords des financements occultes " Argent de poches" non imposables. Il ne faut pas oublier que rien ne rapporte plus aux sociétés que le traitement des déchets "ils font de l'or avec de la merde". Nous produisons un kilo de déchets par jour et par personne et grâce aux écolos qui veulent une planète propre! Ces sociétés comme la générale de eaux et biens d'autres! Ont montés toutes ces structures de traitements qui coûtent fort cher aux contribuables en taxes locales.Pour souvent mettre en enfouissement sans protection supplémentaire les infiltrations lixiviat!En tous cas cela rapporte à toute la chaîne des élus responsables, des amis de mes amis, et à ces sociétés!