Les étrangers volent-ils la terre des Thaïlandais ? Le débat enflamme l’ensemble de la presse locale. Malgré des lois strictes, qui font de la terre un bien national inaliénable, les fermiers thaïlandais s’estiment lésés. Mais jusqu’à quel point les étrangers sont-ils à blâmer ?
« Les étrangers vont prendre notre argent, nos emplois, nos femmes et nos terres ! » Cette diatribe n’émane pas d’un blog ou d’une émission de télé-réalité, mais de l’éditorialiste de Guru, supplément hebdomadaire du Bangkok Post. La peur de l’étranger est relayée par l’ensemble de la presse locale depuis quelques semaines. En temps de crise, comme ailleurs, il est habituel qu’il devienne un bouc-émissaire. On se souvient qu’il avait déjà insidieusement introduit la grippe A-H1N1 dans le royaume ou qu’en raison de son hygiène douteuse, les trains thaïlandais se retrouvaient infestés de punaises l’an dernier. On apprend aujourd’hui que l’étranger, ce fourbe, volerait la terre des fermiers thaïlandais, pour construire des villas ou faire pousser du riz destiné à l’export. « Les étrangers détiennent 90% des terres le long de la côte à Phuket ! » titrait encore hier le Bangkok Post. Complices, les juristes thaïlandais les auraient aidés « à trouver les failles du système », pointe un rapport du Thailand Research Fund.
Source et suite de l’article: lepetitjournal.com
Auteur: Marie NORMAND
